Les Talens Lyriques
Chœur de chambre de Namur
Christophe Rousset , direction
Reinoud Van Mechelen , Hippolyte
Marie Lys , Aricie
Aphrodite Patoulidou , Phèdre
Christian Immler , Thésée
Juliette Mey , Diane
Neima Fischer , La prêtresse de Diane, une matelotte, une chasseresse, une bergère
Philippe Estèphe , Tisiphone
Lysandre Châlon , Pluton
Kieran White , Première Parque
Jordan Mouaïssia , Mercure, Deuxième Parque
Adrien Fournaison , Troisième Parque
Tempête, fièvre amoureuse, vociférations des Parques : Hippolyte et Aricie, à sa création, suscita émoi et épouvante. Christophe Rousset et Les Talens lyriques célèbrent aujourd’hui des pages dont l’audace anticipe sur des siècles de musique à venir.
C’est à l’Académie Royale de Musique, le 1er octobre 1733, que retentit pour la première fois la tragédie d’Hippolyte et Aricie. Musicien réputé difficile et théoricien aride, Rameau livrait là une partition d’une richesse inédite, si foisonnante qu’elle déclencha aussitôt l’une des joutes esthétiques dont l’époque avait le secret. Le mot « baroque ! » fut jeté comme une insulte, et Campra déclara : « Il y a dans cet opéra assez de musique pour en faire dix ! ». Il y avait, de fait, de quoi s’émerveiller : à la profusion mélodique, Rameau ajoutait une audace harmonique sans précédent, au point d’épouvanter les musiciens qui refusèrent de jouer le fameux « Trio des Parques ». Claude Debussy, en composant l’« Hommage à Rameau » de ses Images, savait à quoi s’en tenir : plus qu’un jalon, Hippolyte et Aricie paraphe l’acte de renaissance du théâtre lyrique français.